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Un rapport au Parlement Européen sur la réparation et le réemploi des objets

L’Europe pourrait créer jusqu’à 200.000 emplois non délocalisables, en luttant contre l’obsolescence programmée et en favorisant la généralisation de la réparation et du réemploi des objets du quotidien, selon un rapport du Parlement Européen, intitulée « Une durée de vie plus longue des produits : avantages pour les consommateurs et les entreprises », rédigé par l’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts Pascal Durand et présenté le 3 juillet 2017 au Parlement européen.

Le rapporteur du texte souhaite « sortir de la société du déchet permanent » et lutter contre les emplois perdus en Europe sur la réparabilité des produits, l’artisanat et sur la production de qualité.

Selon ses calculs, « dans le secteur de la réutilisation et de la réparation, le potentiel de création d’emplois est estimé à 296 emplois pour l’équivalent de 10.000 tonnes de biens usés. Sachant qu’un tiers des biens collectés dans les centres de recyclage des déchets pourraient être réutilisables, c’est plus de 200.000 emplois locaux qui pourraient être créés si seulement 1% des déchets municipaux en Europe était préparés pour la réutilisation ou le réemploi ».

 

Le rapport va même plus loin en affirmant qu’il vaut mieux favoriser le réemploi – c’est-à-dire remettre en circuit des biens pour qu’ils aient une seconde vie – par rapport au recyclage. « Des études récentes montrent que si les entreprises européennes privilégiaient le réemploi de leurs ordinateurs plutôt que leur recyclage, l’Europe pourrait créer 10.500 emplois non délocalisables tout en économisant chaque année l’émission de près de 6 millions de tonnes de gaz à effet de serre et 44 millions de m3 d’eau, sans compter les matières premières »

 

Encore faut-il produire des biens réellement réparables. Le rapporteur préconise une interdiction pure et simple de l’obsolescence programmée des objets, contre laquelle milite l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), représentée aux assises de l’Economie Circulaire des 27 et 28 juin 2017 et que combat la start-up Back Market, qui vient de lever 7 millions €.

 

Si on voit mal comment interdire une pratique aussi répandue, il est certain que l’idée touche une corde sensible : selon une récente enquête menée pour 60 millions de consommateurs, citée dans le rapport, «92% des personnes interrogées seraient convaincues que les produits électroménagers ou high-tech sont volontairement conçus pour ne pas durer ».

 

Outre le degré de résistance des biens, c’est l’impossibilité de les réparer qui mécontente les consommateurs. Le secteur de la réparation s’en voit aussi affaibli et perd chaque année davantage d’emplois sur le continent. Selon un baromètre de 2014, «77% des citoyens européens préféreraient réparer leurs biens plutôt que d’en acheter de nouveaux mais sont finalement amenés à le remplacer ou le jeter parce que le coût et le service de réparation sont décourageants ».

 

Dans la foulée de la remise de ce rapport, le Parlement européen a demandé mardi à la Commission de légiférer contre l’obsolescence programmée, mais aussi de promouvoir la réparabilité et la longévité des produits.

 

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