Fumiers et lisiers
Mots usuels
• Lisiers et purins
• Fumiers, fientes et litières de volailles
Définition
Les lisiers et les fumiers sont des déjections animales, produites par les installations d'élevage, riches en
éléments fertilisants et en matières organiques. Ils ne sont pas considérés comme déchets, mais comme sous-produits (engrais naturel).
En pratique
Riches en éléments fertilisants et en matières
organiques, ces produits constituent des engrais ou des amendements de bonne
valeur, sous réserve des capacités d'absorption par les parcelles cultivées.
La réussite d'une valorisation passe
notamment par des produits (lisiers ou fumiers) adaptés au contexte agronomique
local, par des stockages de capacité bien dimensionnée, par l'utilisation des
matériels et techniques d'épandage adaptés, la connaissance de la valeur
agronomique des produits, le suivi des plans de fumure et le respect des
distances d'épandage vis-à-vis des habitations, des puits de captages, des
sources.
L'utilisation raisonnée de ces déchets en agriculture par épandage
direct ou après compostage, accompagnée d'un suivi agronomique rigoureux,
constitue le moyen de traitement le plus approprié.
Réglementation
• Le règlement sanitaire départemental,
dans son titre VIII relatif aux activités d'élevage et aux activités agricoles,
réglemente notamment les dépôts de déchets agricoles.
• La loi 76-663 du 19 juillet 1976 inscrit
certaines installations agricoles, notamment les élevages d'animaux, dans la
liste des installations classées.
• Le décret 92-185 du 25 février 1992 prévoit
pour tous les établissements d'élevages bovins, porcins et avicoles importants
(soumis à autorisation préfectorale) l'augmentation de la capacité de stockage
des effluents liquides et solides, compatible avec la valorisation agronomique.
Particularités
Les effluents d'animaux représentent un double enjeu, à la
fois économique et écologique.
• Enjeu économique, car
les déjections animales contiennent de l'azote, du phosphore et du potassium.
Elles apportent autant d'éléments fertilisants que les deux tiers des engrais
minéraux achetés : 140 000 t d'éléments fertilisants contre 220 000 t.
• Enjeu écologique, en
raison de l'azote et du phosphore contenus dans les déjections animales,
responsables notamment des phénomènes d'eutrophisation et de pollution diffuse
par les nitrates.
En pratique
En dehors de la gestion "classique" de ces matières
organiques exposée ci-dessus, deux possibilités de traitement peuvent être envisagées
: le co-compostage et la méthanisation.
• Expériences de co-compostage menées
par la FRCUMA (cf. fiche biodéchets). Cette technique permet de composter un
mélange de produits organiques de différentes natures et provenances (effluents
d'élevage, végétaux de jardin).
• La méthanisation sur
le site de production des effluents, appelée encore "méthanisation à la ferme",
peut trouver un regain d'intérêt chez les agriculteurs, dans la mesure où la
technique répond à trois exigences fortes :
- la mise aux normes réglementaires des
bâtiments d'élevage et l'application de la directive européenne de 1991 sur les
nitrates obligent les exploitants à s'équiper de matériel de traitement
autonome de leurs déjections. De plus, la mise en place systématique de plans
d'épandages cohérents et coordonnés pour les installations soumises au régime
ICPE contraint les éleveurs à modifier la gestion des effluents bruts ou
transformés après un traitement,
- une sensibilisation croissante des
agriculteurs aux énergies nouvelles et renouvelables, ainsi qu'à l'utilisation
rationnelle de l'énergie,
- les plaintes de voisinage et les conflits environnementaux
locaux tendent à systématiser la désodorisation des lisiers
préalablement à leur épandage.
Les avantages de la méthanisation sont multiples :
- la charge carbonée biodégradable est
décomposée (dégradée) en méthane et gaz carbonique (1 tonne de matière
organique dégradée donne entre 300 et 500 m3 de
méthane),
- le méthane du biogaz permet de
produire une énergie thermique ou électrique. Il est ainsi valorisé et permet
d'éviter des émissions de gaz à effet de serre,
- la quantité de boues est réduite par
rapport à un traitement biologique aérobie,
- le digestat est partiellement
hygiénisé et désodorisé,
- le digestat ou le compost produit à
partir du digestat, présentent un intérêt agronomique.
En 2006 , l’intérêt pour des installations de méthanisation en milieu agricole est de plus en plus important et de nombreuses études sont en cours surtout depuis la sortie de l’arrêté tarifaire du 26 juillet 2006 sur les coûts de rachat électrique. Au final, le tarif d'achat d'électricité ex-biogaz ressemble fort à celui pratiqué en Allemagne. Le montant varie entre 75 €/MWh pour un moteur sur gaz de décharge sans valorisation de la chaleur cogénérée, et 140 €/MWh dans le meilleurs des cas (gaz de digesteur, moteur de moins de 150 kW, taux global de valorisation du biogaz de plus de 75 %).
Côté chiffres
- Production nationale : 250 Mt/an
- Production régionale : 13 Mt/an
Données issues des "Cahiers du club d'ingénierie prospective énergie
et environnement" - CLIP n° 10, septembre 1999
Référents
ANDA (75)
FRCUMA (69)
Chambres d'agriculture de Rhône-Alpes
Opérateurs
Plates-formes de compostage traitant des fientes et du fumier
MONTSOLS FERTILISANTS (69)
SYNDICAT INTERCOMMUNAL DE LA GRANDE PLAGNE (73)
+ 6 sites de co-compostage.
Pour obtenir la liste, prendre contact avec la FRCUMA