Déchets liés
à l'usage de l'automobile
Mots
usuels
- Carcasses ou épaves
- Véhicules hors d'usage (VHU)
- Pneumatiques usagés
- Huiles
- Batteries
- Pneumatiques usagés non réutilisable (PUNR)
- Liquides de freins
- Filtres
- Pare-brise
- Liquides de refroidissement usagés (LRU)
- Pare-chocs
- Aérosols
- Pots catalytiques
- Dégraissants
- Pièces hors d'usage (PHU)
- Solvants de peinture
- Carburants mélangés
- Solides imprégnés
Définition
Il s'agit de déchets liés à l'entretien,
à la réparation et à la fin de vie de l'automobile
ou de ses constituants, générés par les particuliers
et les garagistes.
En pratique
Collecte
Elle est réalisée en grande partie par les professionnels
de l'automobile, dans leurs ateliers ou via les déchets
que leur apportent leurs clients. Cependant, une partie des déchets se trouve stockée
chez les particuliers, principalement des huiles, pneus et batteries.
Des collectes spécifiques se sont développées
(essentiellement batteries et huiles de vidange, en déchèterie)
pour
limiter le mélange avec les ordures ménagères
et leur rejet en décharge sauvage.
Il existe un réseau de garagistes, les «relais verts
autos» qui s'engagent à trier et valoriser leurs
propres déchets et reprennent les huiles et batteries des particuliers.
A noter que
la loi impose maintenant la reprise gratuite
des huiles usagées, des pneus usagés
ainsi que des batteries et accumulateurs. C'est également
le cas des véhicules hors d'usage mis sur le marché
à partir de juillet 2002, le décret du 1
er août
2003 venant en transposition de la Directive européenne les
concernant.
Des agréments spécifiques sont obligatoires pour pouvoir
reprendre les huiles, pneus ou VHU.
Pré-conditionnement
Tous les déchets de type liquides de freins, de refroidissement
(« antigel »), huiles, batteries, filtres…
doivent être conditionnés dans des box, des bacs spécifiques
DIS (voir chapitre Déchets Industriels Spéciaux).
Les autres matériaux, pare-chocs, VHU, pneus… compte
tenu de leur taille, sont disposés séparément
soit en vrac sur des aires, soit dans des bennes de grand volume.
Prescriptions techniques minimales
Les PTM reposent essentiellement sur le non-mélange à
la source des matériaux, notamment des déchets non dangereux
et dangereux, ces derniers devant être traités comme
tels.
Filières
Les déchets dangereux (batteries, huiles et autres liquides…)
doivent suivre les filières spécifiques.
Les batteries connaissent aujourd'hui un taux de
recyclage de l'ordre de 90 % , grâce à
la valeur du plomb contenu.
De leur côté, les huiles usagées affichent un
taux de valorisation supérieur à 85 %
; cette valorisation s'effectue obligatoirement dans des installations
agréées à cet effet.
Les autres déchets dangereux ou banals n'ont
pas des taux de collecte et valorisation optimums : les
autres liquides, pare-brise et dans une moindre mesure, les
plastiques finissent bien souvent mêlés aux autres
déchets, vers les décharges ou incinérateurs.
Les véhicules hors d'usage sont, dans leur majorité, rachetés par les récupérateurs
d'automobiles («démolisseurs») qui en enlèvent
les DIS et certains matériaux, puis les éléments
en bon état pour les revendre en pièces d'occasion.
A noter qu'en Rhône-Alpes, une partie des résidus
de broyage (RB) est valorisée énergétiquement
dans le four de la société VICAT à Montalieu,
dans l'Isère par le G.I.E. Valerco associant ce cimentier
à l'entreprise de récupération des métaux
CFF recycling.
Réglementation
particulière
- VHU : Décret du 1er août 2003, mettant en
place la reprise gratuite des véhicules hors d'usage par des entreprises agréées.
- Pneus usagés : Décret du 24 décembre
2002 accompagné de son arrêté du 8 décembre
2003 qui impose la reprise gratuite par des entreprises agréées.
- Le décret du 12 mai 1999 impose la collecte gratuite
des batteries usagées et leur traitement
par valorisation ou élimination.
Rôle
des constructeurs et des producteurs de pièces
Face au problème de la gestion des déchets automobiles,
les diverses professions du secteur se sont mobilisées, en
commençant par les constructeurs. Un accord-cadre
français, datant de 1993, a permis la prise en
compte progressive de la problématique des VHU par l'ensemble
des acteurs, depuis les producteurs de matériaux jusqu'aux
broyeurs.
Des efforts ont été menés très en amont
(éco-conception) afin de faciliter le démontage des
pièces usagées, les collectes, les pré-traitements
éventuels et la valorisation des divers déchets automobiles.
Par ailleurs, l'utilisation de matières nuisibles à
l'environnement ou susceptibles d'handicaper la valorisation
des déchets a été fortement réduite, les constructeurs ayant ainsi défini des listes de substances
indésirables.
Si la valorisation des métaux atteint depuis quelques années
un niveau très élevé, on
ne peut pas en dire autant des non-métalliques (hors huiles
usagées) qui se heurtent notamment à la faible
quantité de débouchés disponibles. A ce titre, il est dommage que les constructeurs et producteurs
d'accessoires n'aient pas encore développé
une utilisation généralisée de matières
premières secondaires.
Particularités
Dans le domaine des déchets automobiles, des textes réglementaires
imposent un agrément spécifique
aux opérateurs candidats à la collecte ou au traitement.
Cela concerne les huiles usagées depuis plus de 10 ans, mais
aussi depuis peu les pneus usagés et les VHU. Cet agrément
vient le plus souvent en complément à l'autorisation
d'exploiter au titre des ICPE. Ces décrets et arrêtés
prévoient également qu'une réelle traçabilité
des déchets soit assurée.
Par ailleurs, la récente inflexion de la politique environnement
mettant en avant la responsabilité de l'entreprise
qui met un produit sur le marché (responsabilité élargie du producteur)
et non plus seulement celle du détenteur du déchet,
concerne de plus en plus l'automobile.
Que ce soit pour les batteries, les VHU ou les pneus usagés,
les récents textes réglementaires imposent aux
producteurs ou responsables de la mise sur le marché,
la prise en charge de la gestion des déchets issus de leurs
produits.
En faisant évoluer leurs produits via des mesures d'éco-conception, ce sont bien les producteurs qui peuvent avoir le plus
gros impact sur la fin de vie de ceux-ci. Par ailleurs, ils sont
le plus souvent les mieux placés pour savoir comment correctement
collecter et vers quelles valorisations orienter les déchets
provenant des produits qu'ils mettent sur le marché.
Pour
en savoir +
Le Plan Vert, publié en mai 2000 par
le CNPA, avec l'aide de l'ADEME, est un guide de plus
de 100 pages sur la gestion des déchets et plus généralement
de l'environnement, dans le secteur automobile.
Complémentaire, l'Officiel de l'environnement
des garages liste un certain nombre de collecteurs de
déchets automobiles pour chaque département. Il privilégie
les acteurs détenteurs d'une certification de services
ou intégrés aux réseaux «Relais Verts
Autos» ou «Autoéco».
Spécialistes de la récupération des déchets automobiles
Tous types :
EURODÉCHETS
SRRHU (DIS)
ECO PHU
CHIMIREC (DIS)
VALENDA
PRAXY (71)
Plastiques triés
C2P (69)
Vitrages
FRANCE PARE-BRISE RECYCLAGE(02)
Recyclage des batteries
MÉTALEUROP (69)
Valorisation des filtres à huiles
CHIMIREC (35)
Valorisation des Liquides de Refroidissement Usagés
PRODUITS CHIMIQUES DU MONT-BLANC (74)
CHIMIREC (35)
Pneus usagés
voir chapitre spécifique "Caoutchouc et pneumatiques"
voir chapitre spécifique "Véhicules hors d'usage"
Côté
chiffres
• 1,2 à
1,5 million de VHU français générés chaque année,
• 1,5 million de tonnes de déchets
issus de l'entretien et de la réparation
automobile,
• 260 000 tonnes d'huiles
usagées,
•
7 millions de batteries, soit 120 000
tonnes, dont 25 000 tonnes d'acide sulfurique et 70 000
tonnes de plomb par an,
• 400 000 tonnes, soit
30 millions de pneumatiques usagés, dont quelque 200 000
tonnes pour les seuls véhicules légers.
ZOOM
Les niveaux très divers de pratiques des professionnels dans le domaine des déchets automobiles pèsent lourdement sur la réputation de toute la profession. A l’initiative de celle-ci, outre les démarches classiques de certification qualité (ISO 9000) et environnementale (ISO 14000), plusieurs certifications de services se sont développées dans ce domaine : la certification des démolisseurs de véhicules (quelque 400 entreprises sur l’ensemble du territoire), celle des ramasseurs agréés d’huiles usagées et, depuis peu, de la collecte, du traitement ou de la valorisation des pneus usagés.
Ce type de démarche, encouragée par les pouvoirs publics, permet à l’utilisateur de ces services d’être assuré qu’un certain nombre de caractéristiques certifiées sont respectées, notamment dans les domaines de l’accueil, de la traçabilité des déchets et, bien entendu de la sécurité et de l’environnement. Ces référentiels publics, imposent parfois plus de 100 caractéristiques que doit vérifier l’organisme certificateur indépendant durant des visites inopinées.