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Les déchets de chantier du BTP
Les déchets de chantier résultent
des différentes activités liées à la
construction, la démolition, la réhabilitation
et à l'entretien des bâtiments
mais aussi des différents travaux de
terrassement, de voirie et de réseaux
de distribution. Les déchets de chantiers
du BTP sont constitués de déchets
inertes, de déchets industriels
banals (dont les déchets d’emballages),
et de déchets dangereux.
Évolution réglementaire
L'amiante
A compter du 17 mars 2006, date de publication de l’arrêté du 16 février 2006 (modifiant l’arrêté du 29 juillet 2005), le nouveau BSDA (bordereau de suivi des déchets dangereux contenant de l’amiante) CERFA 11861*02 est à utiliser.
Le décret du 30 juin 2006 abroge le décret n°96-98 du 7 février 1996 et modifie le code du travail (section 5 bis Livre II Titre III Chapitre I). Il est relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’inhalation de poussières d’amiante. Il rend obligatoire la qualification des entreprises intervenant sur des travaux de retrait d’amiante non friable présentant des risques particuliers.
Le centre de stockage de déchets inertes (CSDU 3) soumis à autorisation préfectorale
Ces installations sont désormais soumises à l’autorisation du préfet dans le cadre du décret n° 2006-302 du 15 mars 2006 (consultable sur le site du MEDD), y compris celles qui sont déjà en fonctionnement (elles ont jusqu’au 1er juillet 2007 pour déposer leur dossier de demande d’autorisation). Ce décret précise le contenu du dossier de demande d’autorisation, l’instruction de la demande par le préfet, et les conditions d’autorisation et de sanction.
L’arrêté du 15 mars 2006 fixe, quant à lui, les règles d’exploitation du site, les conditions d’admission des déchets (liste des déchets admissibles, critères à respecter), la remise en état du site, et des dispositions supplémentaires pour le cas du stockage de déchets d’amiante lié.
La déclaration annuelle à l’administration des installations de stockage de déchets inertes est rendue obligatoire par l’arrêté du 7 novembre 2005.
Ces installations doivent aussi répondre aux prescriptions techniques regroupées dans le guide des bonnes pratiques publié par le MEDD en 2004.
Enjeux de la planification de la gestion des déchets
En Rhône-Alpes, les plans « BTP » ont été approuvés dans tous les départements et sont mis à disposition du public sur les sites Internet des DDE.
Des chartes pour une bonne gestion des déchets de chantier ont été signées entre l’Etat, les collectivités, et les organisations professionnelles, dont les engagements généraux sont :
- minimiser les flux de déchets, optimiser le tri sur chantier et le réemploi,
- développer le réseau d’installations de tri et de valorisation,
- favoriser l’utilisation des produits recyclés,
- impliquer plus fortement les maîtres d'ouvrages et donneurs d'ordre dans la prise en compte de la gestion des déchets,
- préciser le rôle des collectivités locales dans la gestion de ces déchets (en particulier ceux produits par les artisans et petites entreprises),
- assurer l’adaptation du plan à la situation économique et technique locale par un comité de suivi.
Les chiffres
- Gisement national : 311 Mt/an
Le gisement de ces déchets est évalué au niveau national à environ 311 millions de tonnes par an (Mt/an) dont 31 Mt proviennent des chantiers du bâtiment et 280 Mt sont issues des chantiers de travaux publics.
- Gisement régional : 12,4 Mt/an
La production régionale des déchets du BTP est estimée à 12,4 Mt/an (source : plans départementaux) dont 3,7 Mt provenant du Bâtiment et 8,7 Mt provenant des TP. Elle est répartie selon la problématique ci-dessous.
Problématique des déchets de chantier
- Déchets de chantier du bâtiment :
Cette problématique des déchets de
chantier du bâtiment est particulièrement
complexe, ce qui explique
que les centres de valorisation
sont encore très peu développés. En
effet, ces déchets présentent plusieurs
spécificités :
- grande hétérogénéité des flux
produits,
- grande multiplicité des intervenants sur un même chantier,
- grande spécificité de la filière de par la nature, la taille, la
quantité, la production des
déchets (tonnages importants),
- majorité de déchets inertes,
mélangés à des DIB (déchets du
second oeuvre) notamment dans
le cas des chantiers de démolition
et de réhabilitation de bâtiments.
- Déchets de chantier des TP :
Les déchets de chantier de travaux
publics sont, par contre, très
souvent réutilisés, du fait de leur
composition majoritairement inerte,
sous forme de déblais remis en
remblais, et constituent un gisement
de matériaux de construction, susceptible
d'économiser des ressources
naturelles. De nombreuses
plates-formes de recyclage ont
ainsi été créées, notamment dans
les zones fortement urbanisées où
la demande de matériaux est particulièrement
soutenue et la ressource
parfois très éloignée ou difficilement
disponible.
Orientations et
perspectives d’évolution
- Prise en compte de la gestion des
déchets par les maîtres d’ouvrage,
les maîtres d’oeuvre et les entreprises :
Pour les marchés privés, le maître
d'ouvrage a une totale liberté quant
au mode de passation de ses
marchés et quant à la négociation
avec les entreprises. Il peut
toutefois inscrire l’évacuation des
déchets dans ses marchés en s’appuyant
sur la norme NF P03-001
(paragraphe 16.2). Elle n’est pas
obligatoire et définit le Cahier des
Clauses Administratives Générales
applicables aux travaux de bâtiment
faisant l’objet de marchés privés.
À l'inverse, le code des marchés
publics impose un très grand
formalisme dans le mode de passation
des marchés (publics) et la
négociation entre le maître d'ouvrage
et les entreprises reste très
difficile.
On notera que la gestion des
déchets peut désormais constituer
un critère de sélection des offres.
La démarche “CONSTRUIRE PROPRE”
est en cours d’élaboration dans
le Rhône par la Fédération des
Promoteurs Constructeurs, la
Chambre syndicale de construction
immobilière et la F édération BTP
Rhône. Elle vise à améliorer la propreté
des chantiers par une bonne
gestion des déchets.
- Organisation et développement des
filières
La dispersion géographique de la
production des déchets de chantier
nécessite la création d'un véritable
réseau d’installations de collecte et
d’élimination de proximité, adaptées
aux besoins des professionnels du
BTP et réparties de manière équilibrée
dans chaque département.
Le développement des déchèteries
professionnelles et centres de tri
des déchets de chantier doit se
poursuivre, et les filières s’organiser
et se professionnaliser.
- Le rôle des collectivités
Les collectivités locales ont un rôle
déterminant à jouer : elles peuvent en
effet, en qualité d'autorités compétentes
en matière d'aménagement et
d'urbanisme, favoriser l'implantation d'installations de transit, de regroupement,
de tri, de recyclage et la
création de centres de stockage sur
leur territoire.
De plus, les collectivités peuvent en
qualité de gestionnaires de déchèteries,
assurer un service de proximité
aux artisans et petites entreprises
du BTP en leur autorisant l’accès (aujourd’hui aléatoire), mais il doit être contrôlé, limité et payant, afin
que les déchèteries collectives ne
soient pas en concurrence
déloyale avec les déchèteries professionnelles.
Des chartes des déchèteries des
collectivités ont été signées dans la
Loire et l’Isère dans le cadre d’un partenariat
entre les différents acteurs
de la filière (Conseil Général, EPCI,
CCI, Chambres d’Agriculture et des
Métiers, CAPEB, FBTP, ADEME).
Elles ont pour but de fixer les conditions
d’accès des professionnels et
d’assurer le captage des déchets
dangereux.
- Le développement et le renforcement
du réseau de filières d’élimination
De nouvelles filières à organiser en
aval des plates-formes de regroupement-tri sont nécessaires afin
d’assurer le recyclage des déchets
triés. Il s’agit notamment du plâtre,
du bois de démolition, du PVC. Quant
aux DIB ultimes, ils doivent être éliminés en CSDU 2. Or, le réseau de
CSDU 2 existant doit être renforcé.
Le manque se fait principalement
ressentir dans les départements de
la Haute-Savoie et de la Savoie qui
n’en n’ont aucun.
- Stockage d’inertes et valorisation :
installations couplées
Le réseau CSDU 3 existant est
aujourd’hui insuffisant : le manque se
fait ressentir dans tous les départements,
surtout autour des grandes
agglomérations.
- Nécessité de valoriser les déchets
inertes : utilisation des graves de
recyclage
Sur Rhône-Alpes, la filière de recyclage
est en place, bien que le maillage
sur le territoire doit encore être
harmonisé. Entre 2000 et 2005, le
nombre d’installations de recyclage a
plus que doublé dans la région pour
atteindre une centaine de sites.
En 2004, la consommation régionale
de granulats a été de 41,5 Mt,
dont environ 2,2 Mt provenant du
recyclage (soit 5 % de la consommation).
En raisonnant en gisement
de déchets recyclés, entre 15 % et
20 % des déchets inertes du BTP sont aujourd’hui recyclés en Rhône-Alpes.
Le principal débouché des granulats
recyclés reste les travaux publics (remblais routiers, couches de fondation).
Mais des blocages existent
vis-à-vis du recyclage. Ils sont de
trois ordres : économique, normatif
et psychologique.
- Économique, car leur traitement
préalable a un coût qui empêche
aujourd’hui le matériau recyclé d’être
concurrentiel au granulat naturel ou
au stockage en CSDU 3.
- Normatif, car les professionnels des
TP sont demandeurs d’un cadre
d’utilisation des granulats face à
l’absence de normes ou de recommandations
d’utilisation des produits
recyclés.
- Psychologique enfin, car les matériaux
recyclés sont encore considérés
comme des produits d’occasion avec
un faible retour d’expérience qui gène
les donneurs d’ordre.
Le développement et la pérennité de la
filière recyclage ne seront possibles
que par la fin de la mise en décharge
systématique, l’évolution des pratiques
de gestion des déchets sur les chantiers
(tri sur chantier, déconstruction
sélective), la traçabilité des déchets,
l’implantation d’installations fixes en
zones urbaines, la qualité des produits,
un marché ouvert aux produits
recyclés et le soutien de l’ensemble
des acteurs du BTP, notamment celui
des maîtres d’ouvrage qui peuvent encourager l’utilisation des matériaux
recyclés en la mentionnant dans leurs
appels d’offres.
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